Cette année, la salamandre voit les films du festival de Cannes dès leur sortie. Après le palmable, Volver, voici venu le temps du très hype Marie-Antoinette de Sophia Coppola. La salamandre s'auto-flagelle pour ne pas avoir encore vu Lost in translation, mais se rappelle avec émotion le délicieux Virgin Suicides, les précédents opus de la réalisatrice.
Marie-Antoinette retrace le passage de la très jeune épouse du très jeune Louis XVI. La vie de château, la vie de cour, totalement isolée de la réalité du monde comme toile de fond d'une nouvelle illustration du spleen adolescent. Versailles, dont les intérieurs un peu muséifiés vibrent au son des Strokes ou de Cure. On se demande où est la réalité historique mais le problème n'est pas là. Le tempo est relativement lent, sans doute pour refléter l'ennui, la répétion et l'incongruité de l'étiquette. Le pouvoir était à cette époque entre les mains d'adolescents dépassés par les enjeux de la tâche, en proie aux manipulations des conseillers, ignorant tout des réalités de la vie du peuple.
Si différent d'aujourd'hui ?
Kristen Dunst, de tous les plans, compose très bien une reine tantôt radieuse, tantôt craquant sous la pression exercée sur ses jeunes épaules pour donner un héritier à la France.
Le conseil du jour sera bref mais utile. Si comme moi vous possédez un box dans un garage souterrain, pensez à vérifier régulièrement le contenu dudit box. Cela vous évitera la mauvaise surprise de voir débarquer un mercredi matin trois gendarmes pour perquisitionner le garage.
"Bonjour monsieur, il y a quelque chose qui nous intéresse dans votre garage.
- ... ?
- On va aller perquisitionner."
Gloups, comme dans les films ?
Et là, tenant compagnie à ma vieille batterie, un Laguna un peu esquintée. Re-gloups.
Le résultat de l'affaire étant une demi-matinée passée à la gendarmerie pour faire une audition, signer un procès verbal de perquisition, bref autant de joyeusetés qui font passer agréablement le temps. Je pourrai me faire accuser de recel, m'a dit gentiment le gendarme.
Re-re-gloups...
"Faudra vérifier votre garage régulièrement et nous prévenir si vous trouvez quelque-chose
- Oui monsieur le gendarme ! Au revoir !"
Volver est un film très drôle, très bien interprêté. Penelope Cruz est sublime dans ce film, pleine de grâce, toute pétillante de malice ibérique. Volver est une comédie fantastique où l'on sourit plus qu'on ne rit. L'histoire tourne autour des trois générations féminines d'une même famille et leur entourage (toujours exclusivement féminin). Presque pas d'hommes dans ce film, Almodovar aime ses actrices et le montre.
Mais tout cela étant dit, je reste sceptique face au buzz médiatique autour de ce film, favori un peu partout pour la palme d'or. Certes, comme je l'ai dit plus haut, c'est un bon film mais de là à en faire une palme d'or... c'est que le reste de la sélection doit être bien pâlichon. Le scénario est très prévisible et les twists de fin sont éventés depuis bien longtemps par le spectateur. Volver est pour moi, un film très honnête mais qui n'éveille pas mon enthousiasme.
Un dernier mot, le film est bien entendu à voir absolument en version originale pour profiter de cette langue magnifique qu'est l'espagnol surtout dans la bouche d'une aussi belle actrice.
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