26 Juillet, 13h24, l'orage commence a se faire entendre au loin. Nous sommes arrives en fin de matinee a Sihanoukville apres 3 jours au calme a Kep, ancienne Cote d'Azur pour les colons d'avant les Khmers Rouges.
Ils ont laisse derriere eux un paysage etrange : des ruines de villas des annees 50. Parfois il ne reste plus que le portail et les barrieres entourant le terrain, parfois les etranges silhouettes de beton apparaissent entre les arbres. La plupart d'entre elles semblent etre devenues des squat, peut-etre parce qu'on ne sait plus trop a qui elles appartiennent.
Mais revenons quelques jours en arriere, a notre depart de Battambang pour Phnom Penh, la capitale du Kingdom of Cambodia (ca c'est pour que la pomme puisse s'entrainer a comprendre l'anglais).
Pour faire le trajet : un bus vaguement climatise, quelques farangs, un chef-d'oeuvre cinematographique cambodgien ( donc un film avec un humour tres...cambodgien ), et des cambodgiens qui ne se connaissent pas dont une petite meme sans dent avec des immmmmmenses lunettes type mouche.
Toujours immergee au maximum dans un pays, je me retrouve donc a cote de la petite meme, fort sympathique. Elle me raconte beaucoup de choses qui ont l'air passionantes...mais ne pratiquant pas couramment le cambodgien, je pense etre passee a cote de la plupart des subtilites de la conversation. Elle s'est donc mise a raconter pleins d'histoires aux autochtones autour de nous... ils etaient morts de rire et plies en 4 pendant une grande partie du trajet. Elle m'a aussi fait gouter des graines de lotus fraiches (enfin...ce que j'ai suppose etre des graines de lotus) jusqu'a plus faim.
Arrivee a Phnom Penh.
Un marche digne des utopies de T.Garnier, toujours plus de mendiants, des touristes, des touristes en charmante compagnie, des singes et des tuk-tuk ( bientot, rien que pour vous, des photos (pas floues j'espere) ).
Tels les intrepides aventuriers que nous sommes, nous repartons quelques jours plus tard en direction de Kep... en bus toujours (rempli de moustiques, heureusement je suis passee maitre dans l'art de l'elimination des moustiques, a mains nues s'il vous plait).
Cette fois j'echappe a la meme : c'est un etudiant en droit anglais qui me montre toutes les universites a cote desquelles nous passons. Le trajet se passait plutot bien pour un trajet en bus sur des routes en terre... jusqu'a l'odeur de brule et la fumee.
Il faut savoir qu'au Cambodge, toutes les motos sont equipees d'un bidon d'eau (scotche sous le guidon) qui se deverse preogressivement sur le moteur, les bus, eux, ont seuleemtn besoin de 2 ou 3 seaux d'eau regulierement.
Qu'a cela ne tienne : le chauffeur arrete le bus au bord de la route, fait descendre tout le monde, et utilise l'eau des rizieres alentour pour refroidir le moteur.
Ellipse temporelle : nous sommes maintenant hier, et nous parcourons alegrement les terres khmeres a la recherche de plantation de poivre, en tuk-tuk. Soudain un bruit de ferraille. Ou plutot un bruit de ferraille, derriere nous : le fil de fer qui tenait le pot d'echappement ayant lache, il ne restait plus rien pour le maintenir en place. Nos tympans ont miraculeusement survecut au reste du trajet...
Ce matin, l'alle en taxi vers Sihanoukville aurait du se passer calmement : 2 petites heures de route le long de la cote, avec la mer d'un cote et les montagnes de l'autre.
Et bien on sait maintenant qu'on peut rentrer a 6 + 5 gros sacs dans une voiture de base, et qu'une vitesse constante de 80km/h (quelque soit l'etat de la route et quelque soit les vehicules/attelages de buffles/pietons qui circulent aussi sur la route) nous a permis de faire un brin plus court que 2h. Je n'en dirais pas plus : mon petit dejeuner et encore trop proche de l'estomac.
Have a safe trip, qu'ils disaient !