S'ouvrant sur un plan séquence choc suivant le trajet d'une balle de sa fabrication jusqu'à sa destination, Lord of War fait partie de ces grands petits films fauteurs de trouble. Refusé par les majors hollywoodiennes, il trouve des capitaux en Europe. Certains médisants diront que c'est un critère de qualité... Il faut passer sur le côté encyclopédiste parfois maladroit de certains dialogues, sans doute une volonté de transmettre coûte que coûte les résultats hallucinants de son travail de recherche préalable.
Ce film est une grande claque en pleine figure, le personnage principal, tour à tour sympathique et salaud intégral, charismatique en diable, nous entraîne dans les méandres internationaux du trafic d'armes. Servi par un casting de blockbuster, les scènes chocs, les informations nous arrivent enrobée dans un cynisme délicieux.
On ne regardera plus Rambo de la même manière qu'avant...
Le générique final m'a laissé scotché sur mon siège, les larmes au bord des yeux. Un des premiers monologues résonnait encore dans ma tête : "un homme sur douze est armé, le problème est de savoir comment armer les onzes autres." Tandis que, persistance rétinienne, la sentence finale restait suspendue devant mes yeux : "Les trafiquants prospèrent mais les premiers marchands d'armes sont les USA, la France, la Chine, le Royaume-Uni et la Russie, les membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU."
Pas de grandes révélations, mais plutôt une série de piqures de rappel sur la réalité de la violence humaine et des conflits armés.
Un petit film percutant donc, au service d'une grande cause.
A voir et à méditer...