Cette année, la salamandre voit les films du festival de Cannes dès leur sortie. Après le palmable, Volver, voici venu le temps du très hype Marie-Antoinette de Sophia Coppola. La salamandre s'auto-flagelle pour ne pas avoir encore vu Lost in translation, mais se rappelle avec émotion le délicieux Virgin Suicides, les précédents opus de la réalisatrice.
Marie-Antoinette retrace le passage de la très jeune épouse du très jeune Louis XVI. La vie de château, la vie de cour, totalement isolée de la réalité du monde comme toile de fond d'une nouvelle illustration du spleen adolescent. Versailles, dont les intérieurs un peu muséifiés vibrent au son des Strokes ou de Cure. On se demande où est la réalité historique mais le problème n'est pas là. Le tempo est relativement lent, sans doute pour refléter l'ennui, la répétion et l'incongruité de l'étiquette. Le pouvoir était à cette époque entre les mains d'adolescents dépassés par les enjeux de la tâche, en proie aux manipulations des conseillers, ignorant tout des réalités de la vie du peuple.
Si différent d'aujourd'hui ?
Kristen Dunst, de tous les plans, compose très bien une reine tantôt radieuse, tantôt craquant sous la pression exercée sur ses jeunes épaules pour donner un héritier à la France.