Malgré les critiques épouvantables, la salamandre est allée se frotter au regard glaçant de Damien, fils du diable version 2006.
Dans l'original, Grégory Peck affrontait le rejeton malin, dans la version 2006, c'est Liev Schreiber... Sans commentaires.
Que dire de ce film sans l'enfoncer plus qu'il ne l'est déjà ? Un casting de seconds couteaux pour un téléfilm sur grand écran. On passe le film à se dire : mais bon dieu, dans quoi ai-je vu ce gars / cette fille ? On reconnaît le regard lumineux du professeur Dumbledore, la tronche chauve et burinée de ce vieux briscard de Pete Postlethwaite ou encore la moutache en bataille du professeur Lupin. Mis à part les rôles principaux les acteurs cachetonnent avec une certaine conviction. Le gamin démoniaque est parfaitement casté.
Mais rien ne rattrape une intrigue attendue dont la routine est brisée par quelques effets chocs auxquels je suis le seul à sursauter (mais je sursaute facilement), un doublage français calamiteux et une fin qui se dégonfle comme un soufflet. Le potentiel du pitch n'est pas suffisament exploité. Au niveau de la réalisation, John Moore, qui a précédemment commis En territoire ennemi et Le vol du Phoenix, se contente d'empiler platement les scènes attendues. Les rares moments qui détonnent sont trop largement inspiré de nombreux films tendance. L'attaque des chiens du cimetière à la Ridley Scott, des scènes de couloir à la Kubrik période Shining, l'enchainement des micro-évènements conduisant à une mort atroce à la Destination finale ou encore des effets ratés comme la chute au ralenti de la mère de Damien (elle ne se brise d'ailleurs que la clavicule après une chute de 3 étage directement sur le dos !).
Les dialogues transpirent l'originalité : surtout les caricatures des échanges du couple Schreiber Stiles.
Bref, bon pour une soirée DVD fin juillet quand le vidéo club est fermé, mais on peut aisément l'éviter dans les salles obscures.