Le courant repousse le bateau, l'empechant de suivre une trajectoire rectiligne. L'eau brune et epaisse du Mekong, la Mere des Eaux, semble ne pas vouloir se laisser traverser aussi facilement que les autres fleuves. Des troncs sont charries par le courant, d' etranges monstres sombres se laissant flotter a la surface. Les arbres immerges semblent quant a eux remonter le fleuve, resistant tant bien que mal. Le bateau passe en grondanr pres des ilots de verdure, faisant fuir les martins pecheurs et autres cormorans. Soudain le moteur se tait, ne reste plus que l'eau et ses remous, les arbres resistants au courant, les quelques gouttes de pluie.
Puis un souffle.
Quelques remous.
Un autre souffle.
Une fois laisse tranquille, le Mekong respire de nouveau. Lentement d'abord. Ses poumons se soulevent, des masses sombres apparaissent furtivement pour disparaitre aussitot. Le Mekong revient a la vie, les dauphins de l'Irrawady sont la.
Deux par deux, trois par trois, ils saluent le ciel pour retrouver l'eau juste apres. Comme un dernier lever de rideau, une derniere ronde avant la disparition de leur espece.
Une respiration, un jet d'eau, le salut du ciel.
Le souffle lent et calme du Mekong.