Et paf, un rapport du HCE, les 9 "sages", fusille l'éducation nationale, la machine à faire des ânes, remplie d'enseignants incompétents qui transforment l'école maternelle en petite école primaire alors que ces petits chérubins seraient mieux à colorier des personnages disney. La maneuvre est tellement grosse : on tire sur l'ambulance avant de libéraliser l'école, de mettre tout cela en concurrence. La productivité de l'école n'est plus ce qu'elle était 50 ans en arrière. Il est vrai que maintenant on garde les élèves en difficulté, on tente de scolariser les élèves handicapés malgré un désengement flagrant de l'Etat en ce domaine (un grand nombre d'IME ou d'IMpro sont des structures privées gérées par des associations) et 50 ans en arrière, les élèves brillants allaient jusqu'au BAC tandis que les autres retournaient cultiver des carottes (ce qui est tout à fait louable). L'école fonctionne bien pour 60 % des élèves, tandis que les 40 % restant rencontrent des difficultés. Je n'appelle pas cela un échec, même s'il est évident que tout système possède des variables améliorables :
- la formation des enseignants : pourquoi ne pas créer de postes surnuméraires dans les écoles pour la première année de titularisation. Cela permettrait de favoriser ce qu'il manque encore cruellement à l'école, le travail en équipe. L'enseignant débutant prendrait alors en charge des groupes d'élèves (parmi les 40 % en difficulté par exemple), il pourrait ainsi naviguer entre les classes, participer aux remédiations du RASED, bref de se déterminer pour la suite de sa carrière de manière plus réfléchie et sereine. La formation actuelle relève souvent du bricolage destiné à économiser des postes sur le budget : les PE2 interviennent sur des quarts de décharge de direction dans les écoles tout au long de l'année, c'est à dire qu'il prennent en charge une classe une journée par semaine et se retrouvent concrètement avec tout ce que les directeurs ne veulent pas faire. Superbe cadeau de formation...
- la mise en oeuvre réelle des cycles : depuis le temps qu'ils existent, ils ne sont pas forcément mis en place complètement dans les écoles. Les possibilités de ce dispositif pour remédier aux difficultés des élèves sont réelles mais il faut faire sauter un frein psychologique (celui des niveaux) et faire des classes de cycles où chaque enfant suivrait les apprentissages adaptés à son niveau.
- le nombre d'élèves par classe : il est évident qu'une classe à 20 élèves permet de s'attacher davantage aux particularités de chacun qu'une classe de 30. Le bien-être des élèves comme de l'enseignant permet des merveilles pédagogiques.
- le nombre d'adultes encadrant l'enfant : plus ce nombre est élevé, plus l'enfant se structure psychologiquement et intègre les règles de vie et les limites.
Mais on peut toujours rêver, le Sarkozy de droit divin n'ira pas dans ce sens...