Photos, voyages, réactions amphibiennes à la sombre mare politique dans laquelle nous baignons, tout est dans Ecailles et salamandres...
Certains ont un mouchoir en tissu. Parfois brodé, parfois à carreaux. Toujours bien plié dans sa poche.
Ils le sortent, se mouchent consciencieusement, puis le replient bien proprement pour le remettre à sa place.
D’autres préfèrent les mouchoirs en papier, jetables.
Il y a deux écoles pour le mouchoir jetable : celle du premier paquet qui traîne, et celle des petits paquets, qui prennent moins de place.
Il y a aussi le mouchoir de poche : celui qu’on plie savamment pour le faire dépasser de la poche de veste, dans les grandes occasions.
Un mouchoir en tissu, on s’y attache, on l’aime, c’est le nôtre. Il nous appartient. Il a comme quelque chose de spécial pour nous. Offert par une grand-mère, une amoureuse.
Un mouchoir jetable, il est noyé dans la masse. Devant un film triste. A cause d’un rhume. Quand on renverse son verre. Ils se suivent et se ressemblent. Tous semblables. Et finissent à la poubelle.
On en prend un, et on le jette aussitôt. Ou on l’abandonne sur une chaise. En boule.
Le mouchoir se parfume chez les nobles.
Il suffit qu’il soit blanc pour assister à des milliers de départs.
Il est jeté par terre pour être aussitôt récupéré par un soupirant plein d’espoir.
Le mouchoir en tissu peut-être solide et servir toute une vie, alors que le mouchoir en papier n’est qu’une conséquence du consumérisme. L'un est conservé dans les armoires, parfumé et nettoyé, tandis que l'autre est négligemment mis dans un sac.
Un beau mouchoir brodé est remarquable. Un mouchoir jetable est…jetable.
Mais tant qu’à être un mouchoir recyclé, je préfère essuyer le visage d’un petit enfant, qu’être un magnifique carré de tissu qu’on ne sort que pour faire admirer ses broderies.