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Photos, voyages, réactions amphibiennes à la sombre mare politique dans laquelle nous baignons, tout est dans Ecailles et salamandres...

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Education (la suite)

Je réponds ici au long et très instructif commentaire de mon étudiante préférée d'outre-rhin. Longue vie à l'Oktober Fest en passant... (Non Stance, tu ne me pourris pas mon blog avec tes commentaires et ton commentaire est une lecture plus intéressante que le livre inutile de Mr Brighelli)
Je n'aurais sans doute pas le temps de lire tous les ouvrages conseillés, mais je te promets d'y jeter un oeil à l'occasion.

Je reprends le fil du commentaire pour réagir à certaines remarques. Tout d'abord, sur son expérience authentique de la ZEP (12 ans dis-tu ?). Sans doute venait-il avec des oeillères tous les matins pour tirer de sa pratique de si déplorables conclusions. Comment peut-on affirmer que les ZEP sont des ghettos organisés à la périphérie des villes pour protéger les meilleurs élèves de la racaille ? C'est mettre la charrue avant les boeufs. Ce n'est en aucun cas les ZEP qui ont exclu ces élèves des bons lycées, ce sont les plans d'urbanisation des villes françaises. Les ZEP sont une forme de réponse à la ségrégation dont souffrent les élèves issus de quartiers difficiles.

Si pour Brighelli, l'enseignement au rabais promu dans les ZEP consiste à scolariser les enfants dès deux ans afin de pallier au déficit langagier dont ils souffrent bien souvent, alors je ne peux plus rien pour lui. C'est aussi cela les "RZEP" (faut soumettre ce nouveau sigle à Mr De Robien) , donner leur chance à des enfants issus le plupart du temps de populations immigrées souffrant d'un handicap de langue. L'école est bien souvent le seul endroit où ils parlent français. L'acculturation nécessaire peut alors se faire en douceur.
Pour ce qui est du gaspillage des crédits consacrés à l'essentiel aux primes accordées aux enseignants, il faut se rappeler que l'enseignement est une affaire de personne avant tout. Quand je parle de personne, je parle d'équipe et non Mlle Unetel ou Mr Truc. Je parle d'équipes stables constituées de personnes motivées. Les écoles difficiles rencontrent souvent des problèmes à cause du turn-over constant des personnes. Après un bref sondage en salle des maîtres, les enseignants (en place depuis 2, 3 ou 4 ans) restent principalement pour des raisons financières ou du moins hésitent à demander leur mouvement pour ne pas perdre les 92 € supplémentaires par mois (sur un salaire compris entre 1450 et 1600 €). Cela à pour résultat effectif de stabiliser les équipes à moyen terme. Le fait que les enseignants débutants soient nommés dans ces zones ne me choque pas particulièrement, il faut une énergie indubitable pour enseigner dans ces établissements. Le manque de formation initiale spécifique aux élèves difficiles est peut-être plus à mettre en cause. A propos de jeunesse, je laisserai, par faiblesse intellectuelle, la parole à Thomas Mann :

"Etre jeune, c'est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d'une civilisation périmée, oser ce que d'autres n'ont pas eu le courage d'entreprendre ; en somme, se replonger dans l'élémentaire."

Pour ce qui est du nombre d'élève par classe, même si les chiffres avancés étaient réalistes, deux enfants de moins sur une classe, ce serait déjà plus qu'appréciable. Mais ces chiffres fantaisistes, sans doute issus de statistiques, ne correspondent pas à la réalité du terrain, dans le primaire en tout cas.

Ce qui m'amène tout droit vers le point suivant, la connaissance de l'école élémentaire de Mr Brighelli qui transpose son expérience du secondaire sur un monde qui lui échappe totalement. C'est une obsession classique des enseignants du secondaire, de voir tous les maux du monde dans les méthodes pédagogiques innovantes. Méthodes déstabilisatrice par rapport à leurs traditionnels cours frontaux. C'est étonnant, pour ma part, l'ennui à l'école remonte dans mes souvenirs... au collège, puis évidemment au lycée. Un grand nombre d'avancées pédagogiques pourtant développées par des professeurs de collèges et lycées il y a quelques dizaines d'années ne rencontrent d'échos pratiquement que dans le primaire. Ces méthodes sont bien évidemment applicables dans le secondaire mais chaque discipline attachée à son sacro-saint programme refuse premièrement les remises en cause de leur fonctionnement interne, deuxièmement le travail en équipe avec les collègues d'autres disciplines. C'est peut-être celà qui conduit l'Ecole dans une impasse toute relative.

Un dernier commentaire sur les deux ouvrages conseillés, les deux citations extraites de ces ouvrages (cf. commentaire, je ne copie-collie pas) vont plutôt à l'encontre des propos de Mr Brighelli, une école ouverte sur l'expérimentation et la sensibilité, une culture de la diversité, c'est précisément l'opposé du carcan des méthodes tradionnelles chères à JC (pas le fils de..., le plus récent). C'est également la pierre angulaire des programmes de 2002.
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