Il est parfois des films inattendus, des films aussi simples formellement que forts émotionnellement. Cette pépite en fait partie. Rebecca Miller enterre Malick en quelques plans, où la nature cotoie l'être humain de manière simple, où l'émotion jaillit du visage intense de Daniel Day Lewis (l'un des plus grands acteurs de sa génération) ou d'un simple jardin fleuri de cosmos. Filmer la nature ne tombe jamais dans le procédé, la symbolique est moins pesante que dans le nouveau monde. Cette chronique douce-amère de fin de vie, à cheval entre deux époques (l'histoire se passe en 1986 sur une île au large des E.U.), brasse de nombreux thèmes : amour paternel, culpabilité, éveil d'une sensualité adolescente, développement durable, progès technologique. Daniel Day Lewis transperce l'écran avec sa composition de père malade, à la démarche lourde et voutée, terrorisé non pas par sa fin proche, mais par le devenir de sa fille. C'est incontestablement un très grand film, à la distribution confidentielle, à ne pas manquer si d'aventure il se joue près de chez vous.
Synopsis du film sur allociné