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Photos, voyages, réactions amphibiennes à la sombre mare politique dans laquelle nous baignons, tout est dans Ecailles et salamandres...

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Au bout du monde

Luang Namtha - 11/08/09

La flamme tremblante de la chandelle transforme cette nuit en veillee intemporelle. Seuls les grillons perturbent le silence de leurs trilles lancinantes.

Coupure de courant.

Fauches en plein elan, les standards de musique pop thai/lao abandonnent la soiree a la clameur des insectes et a la fievre de l'ecrivain.

Luang Namtha, rasee par les flots. Reconstruite le long d'une route rectiligne, carrefour des tribus, marche de senteurs. Un jeune muet mendie sa nourriture, accepte le riz collant et le fond d'une bouteille de the froid. Apercevant un chat rodeur, il partage alors sa pitance. Son sourire et son merci du fond du coeur illuminent la soiree.

Le bout du monde se merite. Huit heures d'un voyage inconfortable et inoubliable, des paysages sauvages, de la foret a perte de vue enjambe des montagnes escarpee, parfois assaillies de lianes gigantesques. Trop souvent, la foret laisse place aux plantations devastatrices de tecks et d'hevea, veritables vampires pour la terre alors occupee. Parfum d'Asie, les bambous lancent leurs cannes eu dessus de la route. Serpent de bitume de terre et de cailloux a flanc de montagne.

Villages

Architectures essentielles de chaume, de bois et de pilotis surgies du fond des ages. Abris de nuees d'enfants galopant souvent dans une joyeux nudite. Les ventres parfois proeminent pointe le spectre de la malnutrition. Fatale pyramide des ages, les anciens sont beaucoup moins present que les bambins.

Des femmes en costumes traditionnels (Akkha, Hmong, Thai Dam... a choisir parmi les 49 ethnies du pays) portent l'eau depuis la source eloignee tandis que les meres tentent de doucher leur gesticulante progeniture. Drapees dans leur sarong, les jeunes filles lavent dignement leurs cheveux a quelques metres de la route. Les visages burines, marques par le labeur harassant se tournent pourtant vers le vehicule de passage, s'ecartent devant le klaxon prevenant.
La pauvrete ne fait aucun doute, mais le beton n'a pas encoe etendu son emprise sur ces lieux de vie. Certaines maisons paraissent minuscules, des greniers en fait. De noirs porcelets gambadent ca et la entre les jambes de chevaux fameliques. Au detour d'un virage, le minivan evite une vieille femme edente trainant au bout de sa longe un enorme buffle a peau de jais.

A suivre...

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B
Vous êtes en plein dans les problémes actuels: les plantations de teck pour nos salons de jardins européens  bousillent ce qui reste de forêt, pas encore de béton consommateur d'énergie, mais ça va venir...Comment refuser" le développement" à des populations pauvres, mais sachant que ce "développement" va aussi jeter des paysans privés de terre vers les villes ....où ils ne seront pas plus riches ..... Sale temps pour la planéte....Ceci dit, çà doit quand même etre sacrément dépaysant.
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